samedi 29 janvier 2011

Bienvenue au club

Pas moyen de dormir hier soir, meme tres tard le sommeil se faisait veritablement discret.
Il me fallait une decontraction visuelle, quelque chose qui me rende l'esprit d'apaisement qui me caracterise.
Alors c'etait donc parti pour une heure et demie de bons mots, d'acteurs a l'aise avec la loghorrée Audiardesque, tout dans la rupture de ton, les rebondissements alambiqués.


Ne cherchez plus j'ai decidé d'un commun accord avec moi même de visonner
 Comment reussir quand on est con et pleurnichard, comedie ô combien mal filmée du père Audiard, mais d'une jouissance egale à un bon verre de côtes du rhone. (millesime 1974 pour le coup)


TU M'AS LOUPEE COMME UN CHEF

Pour faire court, Antoine robineau (Carmet), representant en spiritueux qui rendent aveugle, a developpe une technique de larmoiement inenarrable, pour vendre ses bouteilles dans les bars, d'où il se fait quand meme jeter manu militari.
Amoureux d'une employée d'un grand hôtel (Evelyne Buyle), il s'apercoit que celle-ci est la maîtresse de son patron, Gerard Malenpin (Marielle)
Ce dernier est marié à Cecile (Stephane Audran) qui est en fait la proprietaire dudit hôtel
Essayant tout de même de jouer sa carte, Robineau invite sa pretendante dans un club où joue son ami Foisnard (Rochefort) et où danse Jane (Birkin, en minishort).
S'en suit alors un jeu de seductions multiples qui vont amener Robineau, Malempin et foisnard a evoluer dans l'echelle sociale.

Evidemment, commencer son blog par un tel post foutera les jetons a mes premiers lecteurs, mais a y regarder de plus près, comment ne pas succomber a un Marielle tout en exaltation, a un Jean Carmet qui passe son temps a se lamenter a la fois pour vendre son vermouth et pour "faire du gringue" a tout ce qui bouge, a la fascinante Stephane Audran, toute en decalage, a Jane birkin toute en tremoussage, a Jean Rochefort, physiquement depressif, bref je pourrait continuer longtemps.



Comme dans la vraie vie, ici les femmes jouent le point d'accroche des gesticulations masculines et permettent de devoiler le ridicule des techniques de drague de chacun : Marielle en attaque frontale, Carmet en poete raté, Rochefort en musicien qui mise sur sa reputation passée, Prevost en aggressivité, tout y passe.


J'AI TOUJOURS TOUT EN DOUBLE

Jane Birkin, mais surtout Stephane Audran s'activent dans la selection des mecs qui les font rire et leur change du quotidien alors qu'Evelyne Buy s'interesse plutot a leur pouvoir (comme dans la vraie vie je vous dit), ce qui m'amène a avouer ici mon petit faible pour l'ancienne compagne de Chacha, impeccable en grande bourgeoise, son rôle quasi attitré dans le cinema francais.

Le point fort d'Audiard se situe comme chacun sait dans la description et l'amusement des caracteres de l'époque, le tout enrobé par sa celebre plume d'humour populaire, le propulsant finalement en un véritable sociologue des années 60-70.
On "mate un Audiard" comme on mange avec les doigts, on vient chercher les perles verbales, sans se preocuper si l'enrobage est presentable, et le plaisir continue en se suçotant les doigts.
Ce cinema de langage tant decrié par les hobereaux de la nouvelle vague, supporte finalement bien les années si on est prompt a jubiler aux deferlements de mots d'auteurs. A la longue on peut effectivement  en etre saoule, ou avoir l'estomac encombré, mais ca libere des endorphines... Blurp


A ce propos, je vous laisserai en conclusion decouvrir la truculence de la mere de Robineau (Jeanne Herviale) en fiere alcoolique a la tete du business des spiritueux. Si vous avez passé votre tendre jeunesse a la campagne, vous trouverez indubitablement une de ses consoeur dans vos souvenirs.

Vous l'aurez compris, j'ai finalement reussi a m'endormir sereinement en revant a mon prochain manteau a longs poils noirs.

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