mercredi 2 février 2011

Somewhere


Ayant bien retenu la lecon d'hier, et le froid se montrant encore plus menacant, je me suis precipite dans mon cinema de quartier, voir un film (si mes calculs se revelaient exacts) qui devait sentir le gaz d'echappement des SUV, mele a la moiteur sud-californienne.

Sur ce point, je ne fus pas decu, par le dernier opus en date de Sophia Coppola, qui depeint le vide  et l'ennui profond d'un comedien tres largement bankable, Johnny Marco (Stephen Dorff que je decouvre).


KEEP IT COOL MAN !


Somewhere demarre au moment ou l'acteur principal de la production hollywoodienne surnage en pleine promo pre-diffusion. il vit a l'hôtel, lieu hautement symbolique de la perte de repere, le Chateau Marmont, lieu encore plus symbolique de la jet-set.
Seulement Johnny, s'ennuie, pour ne pas dire plus.
il reste avachi la moitie du temps dans sa chambre, quelques fois face a des lap danceuses qu'il regarde d'un oeil absent, juste avant de s'endormir.
Johnny possede tout ce que le moindre pekin occidental reve d'avoir, mais johnny se sent comme une coquille vide.
 Il tourne en rond dans sa Ferrari noire, participe a une fete chez lui alors qu'il n'etait pas au courant, couche dans la minute avec qui il veut presque mecaniquement, sans se departir de sa trogne inerte, la scene ou on lui fait un masque pour des effets sepciaux en est l'exemple type.
Il peut bien aller n'importe où, rien le lui fera le moindre effet.

Johnny en ras le bol de tout, et en gros, ca ne va pas fort.

Seulement il reste impassible, comme s'il n'etait plus maitre de sa vie.
Sa journée est rythmee par les appels matinaux de son agent qui lui indique ses obligations en cours, par des sms d'insultes d'une amante delaissée, et des saluts de nanas folles de son corps de "bogoss"
Le cliché de la vie de star hollywoodienne est donc complet.


 GRAZIE, BUONA SERA

Le heros pourrait tourner a vide encore longtemps si son ex femme, "qui a besoin de partir pendant quelque temps", ne lui avait pas confié sa fille, quelques jours, avant qu'elle aille rejoindre une colo pour l'ete.
Et c'est du nouveau rapport, qu'il entretient avec sa fille dont il s'est assez peu occupé, que va naitre en lui une prise de conscience paternelle.
Il joue avec elle a Guitar hero et l'emmene en Italie. On le sent plus jovial, voire plus present, meme dans le cadre, où ils se retrouvent souvent ensemble, et non pas separés par des murs, des couloirs ou des portes, comme il en avait l'habitude avec les gens qui l'entouraient.
C'est a ce moment la qu'il realise que finalement, c'est elle qui compte et quand il devra la quitter, il osera enfin agir individuellement et prendre des decisions, enfin une, enfin peut-etre...

Jolie banalite que d'opposer le vide abyssal (comme beaucoup de decolettés) du star system et le bohneur de partager des moments avec sa fille, non?

Sophia Coppola, papesse de la neurasthenie adolescentes, avait signé avec Lost in translation, une captivante realisation, drole et envoutante sur le vide et l'ennui d'un acteur en roue libre. Ici, l'humour n'est presque plus present,  sauf a de tres subtiles occasions, et il manque a Stephen Dorff,  l'epaisseur d'un comedien cinquantenaire et inventif comme Bill Murray, pour qu'on puisse s'attacher a cet environnement luxueux mais vide de tout sentiment.
La lenteur du rythme du film, voulue par des plans tres contemplatifs, et la musique phoenixienne, surlignent un peu trop le propos du film, surtout qu'il aurait gagné a ce que l'image de Harris Savides, le chef op, soit un peu plus léchée.
Comment il fait GusVan Sant pour sauver ses productions hein? Ben il se debrouille.

Mon blouson meme pas degraffé pendant une heure et demie, je sors me chercher un tabac d'ouvert et puis en fait non, je crois que je vais rentrer et aller me coucher.

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